Présentation

L’exposition présente de nouvelles œuvres issues de la série Hope It Was Worth It (2020-) d’Auguste-Dormeuil, dans laquelle l’artiste travaille avec des tapisseries historiques d’Aubusson datant du XVI au XVIII siècle. Après avoir recouvert d'encre de chine une certaine partie de la tapisserie, l'artiste y superpose ensuite une carte des étoiles correspondant à la date exacte d’un événement historique, la même que celle de la création de la tapisserie. Parmi les nouvelles œuvres de l’exposition figurent les ciels observés lors du dernier passage de la comète de Halley au-dessus de Lisbonne le 22 juin 1759, de la dernière grande éruption du Mont Fuji en 1707, ou encore du ciel au-dessus de Londres le 29 juin 1613 lors de l’incendie du Globe Theatre pendant la représentation de Henry VIII de Shakespeare. Ces scènes tranquilles, rendues en fil, sont soudain traversées par les échos des grands mouvements de l’Histoire.

 

Cette série prolonge l’engagement poétique de l’artiste autour de notre lien entremêlé au cosmos, de l’éphémère de nos ères, et d’un jeu constant de changement d'échelle, de tragédie, de drame et ponctué par l’observation silencieuse des étoiles. Une nouvelle sous-série se compose de petites tapisseries dorées évoquant des icônes. Superposant à nouveau étoiles, histoire et tissage historique, l’échelle et la tonalité de ces œuvres cristallisent leur puissance.

 

La série A Golden Work(2025-), quant à elle, est un nouveau projet dans lequel l’artiste intervient sur des copies historiques du journal Le Petit Parisien. Publié au XIX siècle, ce journal était le dernier à utiliser des dessins avant l’arrivée de la photographie. Les faits divers et brèves d’actualité étaient ainsi illustrés par des artistes qui n’avaient jamais été témoins des scènes représentées : une manière de fabriquer, à partir de moments réels de la vie des individus, des images à la fois fantasmées et imaginaires, et de poursuivre l’exploration par l’artiste de la relation instable entre l’imaginaire et le réel. Alors que les tapisseries procèdent par ajout — l’artiste y superpose des cartes stellaires — A Golden Work opère par retrait et par absence. En recouvrant d’or certaines parties du journal, l’artiste isole des fragments d’image, déroute le regardeur par cette décontextualisation et joue avec la métamorphose du sens.

 

Une table est présente dans l’exposition, où l’artiste expose les références qui nourrissent son travail : livres, illustrations et photographies, approfondissant notre compréhension des strates cachées dans ces œuvres.

Œuvres